Gérer ses prairies toujours en herbe

La surface agricole utile (SAU) régresse fortement car elle est progressivement remplacée par des lotissements ou des espaces boisés (exemple : envahissement par du saule sur des parcelles qui ne sont plus exploitées).

Les surfaces toujours en herbe ont baissé fortement entre 2000 et 2010, par contre leur part dans la SAU reste relativement stable. Elle représentaient 11% de la surface agricole utile de Bretagne en 2000 (source).

Ces prairies toujours en herbe ont un fort potentiel en tant que réservoir de biodiversité !

Ce sont parfois des prairies humides qui abritent une faune particulière.

Adapter la fertilisation au rendement de la parcelle

Une partie des prairies est fertilisée avec des effluents d’élevage, afin de mieux répartir ces effluents sur l’ensemble de l’assolement.

La fertilisation permet de maintenir le potentiel agronomique des prairies et de conserver les espèces fourragères semées.

Sur les prairies toujours en herbe, la fertilisation est, dans les faits, adaptée au mode d’exploitation : pâturage, fauche ainsi qu’au rendement de la parcelle.

La fertilisation oriente la flore : elle est favorable aux espèces gourmandes en azote, espèces cultivées et certaines adventices.

Les espèces rustiques se développent difficilement, ou pas, en milieux trop fertilisés.

Une prairie peu fertilisée est plus diversifiée.

Le pâturage

Le pâturage est essentiel au maintien des prairies.

Sous-pâturées, elles s'enfrichent.

Sur-pâturées, elles se dégradent : un chargement trop important risque de déstructurer la prairie, de faire disparaître les espèces qui lui sont inféodées et de favoriser les adventices.

Un chargement compris entre 0,6 et 1,4 UGB/ha est un compromis qui concilie équilibre et valorisation de la prairie. Il doit être adapté au potentiel de rendement de la prairie.

Pour ne pas déstructurer la prairie, le chargement ne doit pas dépasser 1,8 UGB/ha sur les prairies à faible potentiel.

Eviter le broyage

Le broyage peut détruire la faune liée aux milieux enherbés (papillons, chenilles, oiseaux, mammifères).

Il laisse la matière organique sur place et maintient la richesse du sol en nutriments. Le sol riche favorise les espèces nitrophiles, qui comptent parmi elles la majorité des adventices.

Le broyage de fin d'été et d’automne est préconisé pour ne pas endommager la flore et la faune.

Fauche et exportation

Fauche avec détourage

Faucher le bord des parcelles à vitesse réduite (5-7 km/h) permet aux oiseaux et mammifères de fuir (en bleu sur le schéma).

Le reste de la parcelle peut-être fauché à 10-15 km/h.

En fin d’été, faucher et laisser le produit de coupe au sol le temps de sécher, permet :

  • aux insectes de quitter la végétation coupée,
  • aux cocons d’arriver à maturité et
  • aux petits amphibiens de trouver un autre couvert plus protecteur.

Il vaut donc mieux exporter quelques jours après la coupe.

L’exportation appauvrit le sol. L’appauvrissement favorise une flore diversifiée, rustique et compétitive et défavorise les adventices, nitrophiles et peu compétitives.

A l’automne, fauche et exportation peuvent être pratiquées en même temps sans endommager la petite faune, avec une ensileuse. Cette technique est la plus simple à mettre en place et la moins chronophage.

Bien qu'une coupe haute (15 cm) soit préférable, une coupe à 7/8 cm semble correcte pour préserver la diversité floristique tout en respectant les objectifs économiques de l'exploitation.


Prim'Holstein dans une prairie - Crédit photo : FRCB

Faon dans prairie -crédit photo : FRCB

Prairie fauchée - Crédit photo : FRCB

Chardon des champs - Crédit photo : FRCB
 
 
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