EARL La ferme de Vizy - Landeleau

Située à Landeleau, dans le centre-Est du Finistère, l'EARL La ferme de Vizy possède 200 ha de Surface Agricole Utile (SAU).

Son assolement diversifié est composé d'avoine, d'orge d'hiver, de colza, de féverole et principalement de maïs grain et de blé tendre d'hiver.

Membre actif du groupe de travail "TCS 29" (Techniques Culturales Simplifiées), l'exploitant pratique le semis direct sur toute la ferme.

Il expérimente actuellement le semis direct sous couvert de trèfle blanc. 

Présentation rapide de l'exploitation

Le centre-Est du Finistère est caractérisé par un paysage vallonné, bocager et traversé par des cours d'eau.

L'assolement est composé de cultures commerciales (diverses céréales, maïs grain, féverole). L'EARL La ferme de Vizy n'a pas de prairies. Les surfaces enherbées de la ferme sont les gels fixes, dispersés sur l'ensemble du parcellaire.

En effet, la ferme et ses cultures ne sont pas marquées par l'élevage. En 2011, l'atelier de poules pondeuses a cessé de fonctionner.

Aucun travail du sol sur l'exploitation

L'exploitant fait partie du groupe d'agriculteurs "TCS 29" (Techniques Culturales Simplifiées 29).

Le semis direct est pratiqué sur l'ensemble de l'exploitation depuis 2000. Certaines parcelles n'ont fait l'objet d'aucun travail du sol depuis 1996.

Le semis direct implique une approche différente et intéressante du système agricole :

  • La bonne santé du sol, biologiquement très actif, nécessite de penser autrement la fertilisation.
  • Carabes, araignées et autres arthropodes ne sont pas soumis aux perturbations liées au travail du sol. Les communautés en place sont préservées d'une année sur l'autre. Elles profitent d'un sol et d'une litière stables.
  • Le semis-direct permet de ne pas remonter les graines d'adventices stockées en profondeur. Une fois les graines épuisées en surface, après plusieurs années, les adventices se font plus rares et sont donc plus faciles à contrôler.

L'originalité du semis-direct sous couvert de trèfle blanc

L'agriculteur cultive actuellement en semis direct sous couvert de trèfle.

La couverture du sol par le trèfle blanc protège les sols en continu entre deux cultures. Le trèfle étant une légumineuse, il capte naturellement l'azote atmosphérique et en injecte une partie dans le sol. Cet azote est ainsi disponible pour les cultures commerciales et il dynamise l'activité biologique du sol.

Le trèfle se développe lorsqu'il a accès à la lumière. Sous la culture, il est chétif. Une fois la culture récoltée, il assure la couverture du sol.

Pratiqué à des fins économiques, ce semis-direct se révèle être très favorable pour la biodiversité, notamment à la faune du sol (pédofaune) et aux organismes rampants, comme les carabes, dont l'abondance est étudiée depuis plusieurs années sur les parcelles de l'EARL.

Eléments et pratiques favorables à la biodiversité sur la ferme

  • La fragmentation et la dispersion des surfaces en gel fixe sur l'exploitation augmentent l'hétérogénéité du paysage.
  • Lors des travaux de récoltes, la barre de coupe est réglée à plus de 15 cm de haut, ce qui est favorable aux oiseaux et mammifères ayant tendance à se tapir au sol.
  • La paille est directement broyée par la moissonneuse. Le broyat reste et se dégrade en surface.
    • Cela évite la recolonisation des andains par les animaux sauvages entre la fauche et le broyage et
    • Cela assure la création d'une litière favorable à la microfaune de surface.
  • La rotation est raisonnée pour gérer les adventices et pathogènes et ainsi éviter des applications phytosanitaires trop fréquentes.
  • Des haies de bonne qualité biologique, aux arbres de toutes classes d'âge et présentant toutes les strates de végétation sont visibles en grand nombre sur l'exploitation.

Comment améliorer la biodiversité sur l'exploitation ?

Suite au diagnostic effectué en 2012, plusieurs propositions d'aménagement ont été faites :

  • Entretenir les gels fixes entre septembre et novembre, et non directement à la fin de l'interdiction de fauche et broyage (du 5 mai au 15 juin dans le Finistère). Cela permet de ne pas rompre l'activité intense en été de la flore et de la faune. Plus d'infos ici.
  • Sur les gels fixes, n'intervenir avant septembre, qu'en cas de développement de chardon des champs et de rumex. Cette intervention doit être localisée.
  • Eviter la fermeture par enfrichement des zones humides.
  • Rembourrer les haies incomplètes en réimplantant des arbres de haut jet et des buissons.
  • Adopter une gestion douce des éléments enherbés pour concilier biodiversité et gestion des adventices dans le cadre d'une conduite culturale en semis direct.
 
 
Les partenaires du programme
Agence web Bretagne